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 la porte des naissances

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emilie
plume d'Hypolaïs
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Féminin Nombre de messages : 126
Localisation : Monaco
Date d'inscription : 08/11/2007

MessageSujet: la porte des naissances   Lun 17 Déc - 20:53

Marie-Christine en avait vu des naissances mais jamais elle n'aurait jamais pensé que son tour viendrait de mettre au monde un enfant. C'était un jour de 1978 le 20 août, pour être précise, Marie-Christine était en compagnie de ses parents à la campagne. Elle discutait bien tranquillement quand tout à coup, une contraction se fit sentir ; Maurice, son père ne tarda pas à réagir, il partit chercher sa voiture, puis allongea doucement sa fille à l'arrière. Eliane, la femme de Maurice s'installa devant, Christian, le mari de Christine, lui, n'était pas encore arrivé de son travail, il les rejoindrait plus tard à la maternité.

Deux heures, voilà le temps qu'il fallut pour aller à la première maternité, et pendant ces heures, Marie-Christine avait souffert le martyre. En arrivant à l'hôpital les médecins comprirent tout de suite que quelque chose d'anormal était en train de se passer. Ils emmenèrent tout de suite Marie-Christine dans une salle d'accouchement, mais ses parents furent invités à attendre dehors. C'était donc seule qu'elle allait vivre cette douloureuse épreuve.

Les parents de Marie-Christine n'ont pas résisté à l'envie d'écouter ce qui se passait à l'intérieur de la salle. Mais rien, pas un bruit ne sortait de la pièce. Ils se regardèrent l'air inquiet.
- Ce n'est pas normal ! dit Eliane.
Et elle savait de quoi elle parlait puisqu'elle avait mis au monde onze enfants, jadis. Mais jamais un tel silence ne s'était fait autant ressentir.

Puis tout à coup, une infirmière sortit en courant de la pièce. Eliane l'intercepta mais elle ne prit pas la peine de lui parler, ce qui l'inquiéta encore davantage.
L'infirmière revint après quelques minutes d'absence. Elle tenta de l'arrêter une nouvelle fois, mais sans succès. Eliane se rassit donc sur le siège de la salle d'attente, et elle se mit à pleurer.
- Pourquoi personne ne peut me dire ce qui se passe ici ! gémit-elle.

Maurice, qui était lui aussi sur la défensive, s'en prit à elle et implora :
- Tu vas bientôt arrêter de te plaindre, ce n'est pas comme ça que tout va se résoudre !
- Je sais oui, je sais mais je me fais du souci pour ma petite fille ! C'est normal non ?
- Soit patiente et tout se passera mieux tu verras. Et Maurice prit tendrement sa femme dans ses bras pour la réconforter.

Puis tout à coup, ce fut au tour du médecin de sortir de la pièce, et cette fois-ci, il vint à la rencontre des parents de Marie-Christine.
- Madame, monsieur, votre fille n'a pas encore accouché, elle a des contractions certes, mais elle n'est pas encore prête à enfanter. Nous allons lui faire passer la nuit ici. Vous, vous pouvez rentrer tranquillement chez vous. Nous vous préviendrons dès que quelque chose es passera, n'ayez crainte.

C'est ainsi que Monsieur et Madame Pierrot rentrèrent chez eux mais ils n'étaient pas rassurés pour autant. Ils se reposèrent pendant un moment puis le téléphone sonna, Eliane se précipita pour répondre :
- Bonjour docteur...
Puis un long silence se fit et on entendit de nouveau la voix d'Eliane qui disait :
- Bien docteur, nous arrivons tout de suite !
Eliane raccrocha et réveilla Maurice qui dormait à poings fermés.
- Chéri ! Allez réveille-toi ! Nous devons immédiatement partir pour l'hôpital ! Ta fille est sur le point d'accoucher. Vite ! Vite ! Allons dépêche-toi !

Puis au bout de quelques temps, ils arrivèrent enfin à la maternité. Eliane ne tarda pas à descendre de la voiture et à se diriger vers l'accueil :
- Bonjour, la chambre de Madame Pierrot, s'il vous plaît !
La secrétaire regarda dans son registre et affirma :
- Je suis désolée, elle n'est pas encore remontée du bloc opératoire pour le moment !
- Oui, les médecins ont dû lui faire une césarienne, le bébé a eu un problème à la naissance ! Il est lui aussi au bloc opératoire !
- Vous voulez dire qu'ils ont eu tous les deux un problème ?
- Ecoutez, je ne peux pas me prononcer sur le diagnostic de l'enfant, mais les médecins ne vont pas tarder à venir vous voir. Attendez-les ici si vous le désirez.

Ils s'assirent pendant quelques minutes et le médecin sortit du bloc et se dirigea comme la veille vers les parents de Marie-Christine.
- Madame, monsieur, je peux vous voir un instant s'il vous plaît ?
- Oui bien sûr docteur ! Dit Eliane. Mais que se passe-t-il ?
- Venez suivez-moi, je vais vous expliquer !

Il fit entrer Monsieur et Madame Pierrot dans son bureau, referma la porte derrière lui et les regarda d'un air grave :
- Voilà, si je vous ai fait venir aujourd'hui c'est pour vous annoncer quelque chose de très important à propos du bébé de Marie-Christine.
Eliane désespérée lui coupa brutalement la parole :
- Que se passe-t-il ? Il y a un problème avec le bébé de ma fille ?
Le médecin était très embêté mais il essaya tout de même de la rassurer : - Oui, nous avons malheureusement un souci avec le nourrisson. Mais nous allons tout faire pour le sortir de cette situation dans les plus brefs délais !
- Je peux savoir la nature de ce problème ? Demanda la mère de Marie-Christine.
- Eh bien votre petite fille a eu un ennui au niveau du cerveau, nous devons l'opérer d'urgence, mais pour cela il nous faut votre accord ! Les grands-parents étaient désespérés. Ils réfléchirent quelques instants et demandèrent tristement au médecin :
- Est-ce que notre fille est au courant de cette situation ?
- Non j'attendais votre décision avant de lui annoncer !
Ils s'observèrent une nouvelle fois et réclamèrent au médecin :
- Peut-on tenir notre petite fille dans nos bras s'il vous plaît ?
- Oui, mais pas trop longtemps, nous devons lui faire les premiers soins.

Et il emmena les parents de Marie-Christine voir leur petite fille, mais il les mit une dernière fois en garde :
- Je tiens à vous prévenir qu'Estelle a des tuyaux partout !
- Bien, merci docteur, lancèrent Monsieur et Madame Pierrot au médecin. Et ils entrèrent dans la pièce où était la petite Estelle. A la vue de cette scène horrible, Eliane défailla dans les bras de son mari.
- Chérie, s'il te plaît ! Implora Maurice. Nous devons tenir le coup pour Marie-Christine. Un peu de décence enfin !

Mais Eliane ne put contenir ses larmes plus longtemps. L'infirmière qui se trouvait dans la pièce fit sortir Eliane et l'emmena se reposer dans une chambre. Cependant la grand-mère d'Estelle n'arriva pas à dormir, elle ne pensait plus qu'à Marie-Christine et à sa petite fille. Au bout d'une heure Maurice vint rejoindre sa femme. Elle était hors d'elle.
- Non ce n'est pas possible, ce nourrisson ne peut pas être le bébé de Marie-Christine, ce bébé est un monstre ! Ce n'est pas notre petite fille.
- Eliane, reprend-toi ! Nous devons aller annoncer la nouvelle à Marie-Christine tout de suite, tu ne peux pas le présenter devant elle dans cet état !

Eliane se passa de l'eau sur le visage pour se calmer et alla à la rencontre de Marie-Christine quis se reposait dans sa chambre. Ils frappèrent à la porte et entendirent une toute petite voix leur répondre :
- Entrez !
Les parents de Marie-Christine ouvrirent discrètement la porte de la chambre et entrèrent calmement sans rien laisser paraître :
- Bonjour, ma puce ! Lança Eliane.
- Comment vas-tu ? Questionna Maurice.
- Je suis fatiguée mais je vais bien.

Ils prirent tout les deux leur fille dans leurs bras. Mais Marie-Christine fut étonnée de leur réaction car jamais ils n'eurent autant d'affection que ce jour-là ! Elle leur demanda ce qui se passait comme si elle se doutait de quelque chose :
- Maman, papa, il y a un problème ?
- Non, ma chérie, pourquoi cette question ?
- Eh bien, en 21 ans vous ne m'avez jamais porté autant d'attention qu'aujourd'hui !
Les parents de Marie-Christine attristés lui avouèrent :
- Ma puce, nous avons quelque chose de très important à t'annoncer !
Marie-Christine les regarda étonnée :
- Mais que se passe-t-il donc ?
- Eh bien, nous venons d'apprendre par les médecins qu'Estelle était très malade et qu'il fallait l'opérer d'urgence si nous voulons qu'elle vive !

En apprenant la nouvelle, Marie-Christine éclata en sanglots. Ses parents la prirent une nouvelle fois dans leurs bras. Puis Maurice prit à nouveau la parole.
- Il faut prendre une décision maintenant, les médecins attendent !
Maurice regarda en direction d'Eliane et de sa fille et leur demanda :
- Alors que fait-on ?
Marie-Christine le regarda une nouvelle fois les yeux embrumer de larmes et murmura :
- Nous devons faire opérer Estelle, je veux que ma petite fille vive !
- Bien ! Dit le grand-père d'Estelle. Je vais tout de suite avertir le médecin.

Et c'est ainsi qu'il sortit de la chambre discrétement, et qu'il alla porter la nouvelle au chirurgien.
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