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 Ab imo pectore (du fond du coeur)

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Dysj
plume de Roselin
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MessageSujet: Ab imo pectore (du fond du coeur)   Ven 14 Nov - 23:41

Après "in-utero", voici le deuxième volet de cette histoire :



Ce matin-là, comme chaque jour, Phil s’était rendu à St Lucie, dans le 13ème arrondissement pour prier et réfléchir. Il n’était pas particulièrement pratiquant mais ces heures de recueillement étaient pour lui des moments ou, cherchant la paix, il pouvait faire le point sur ce qui guidait sa vie et les doutes incessants qui le hantaient.

Il appliquait toujours le même rituel : après avoir laissé sur le côté gauche de l’église le gros scooter Yamaha T-Max qu’il conduisait avec une pointe de fierté, il marquait un temps d’arrêt devant la façade et en scrutait les détails. Il observait un par un les visages des Saints représentés autour de la lourde porte dans un enchevêtrement incompréhensible. Il détaillait chaque visage gravé dans la pierre de droite à gauche et là il se mettait à trembler. Devant lequel de ces martyrs aurait-il un jour à comparaitre ? Auquel d’entre eux devrait-il expliquer qu’il vivait sa vie en vendant aux autres leur mort. Une mort lente avançant à pas dissimulés? Le visage de Sainte Lucie de Syracuse le rassurait toujours. C’est à elle qu’il venait parler. Il entrait, s’installait sur un banc au fond des travées, son casque à ses pieds et il commençait à égrainer la liste de ses victimes, à qui il demandait pardon.

C’est ce rituel qu’il avait encore accompli ce matin et des larmes avaient étouffé ses mots. D’autres pensées l’envahissaient. Comme cette femme rencontrée la veille à qui il n’avait pas pu faire l’amour : pas de désir, pas l’ombre d’une érection, rien… Il pensait aux rêves érotiques qui le réveillaient plein d’effrois car peuplés d’hommes.

Tout chez lui le dégoutait. Son physique maigre d'adolescent attardé, son visage aux traits grossiers. Jusqu'à son gout pour les vêtements un peu criards. Si jusque-là il avait su vivre prisonnier de ce corps sans attrait, la brusque image dans ses rêves de ces sexes le pénétrant, de son corps sans âme, souillé, offert à toutes les fantaisies, provoquait chez lui des hauts le cœur.

C'était incongru de songer à son identité sexuelle dans une église, un matin de juin. Mais cette église demeurait sa seule racine, sa seule famille depuis la disparition tragique de ses parents. Il savait depuis longtemps que seule comptait la pureté des sentiments aux yeux de Dieu et qu’être homosexuel ne serait pas un problème. Il savait aussi que les serviteurs de ce même Dieu pouvaient montrer une étroitesse d’esprit qui aurait tôt fait de couper son dernier lieu d’accueil dans cette vie.

Ce matin-là ses doutes et son dégout lui brulaient l’esprit et le ventre, il avait peine à rester assis. C'était comme un poison, un brulant venin qui parcourait ses veines et anesthésiait son bonheur.

Il avait passé une nuit sans sommeil. Il fallait que son corps et son esprit paient pour la mort qu'il distillait autour de lui. Il était pris de nausées car il savait que cela l'attirait et le rebutait d'une même force, au-delà de la crainte et du dégoût.

Il sortit rapidement de Sainte Lucie et reprit sa machine dont le vrombissement assourdissant lui permit d’arrêter de réfléchir. Il fonça vers Vincennes, le plus vite possible dans les ruelles de Paris, pour ne même pas penser.

Il laissa son scooter garé à l’orée du bois et commença à se promener le long du parcours de santé. Si ce que lui avait raconté un client était vrai, il ne tarderait surement pas à trouver ce qu’il cherchait.

Nous étions en semaine et seuls quelques rares joggeurs croisaient son chemin. Soudain il vit un homme sortir du sous-bois. L’homme regarda Phil un instant, lui fit un geste imperceptible et disparut de nouveau dans l’enchevêtrement d’arbustes qui bordaient le chemin.

Phil eut une hésitation. Il passa à travers les branches qui formaient comme un mur le long du chemin. L’homme se tenait là, le pantalon baissé, caressant son sexe.

Il avait appris que certains secteurs du bois de Vincennes étaient peuplés la journée de gays cherchant un rapport sexuel furtif, c'était là qu'il avait décidé de se rendre…

Les mots étaient inutiles, Phil ne pouvait plus reculer et d'ailleurs le voulait-il ? Il s’approcha et embrassa timidement l’homme qui, sans aucune gêne, lui appuya sur les épaules pour l’agenouiller face à son sexe. Phil s’exécuta.

C'était ce qu'il avait imaginé pour se punir. Ce sexe qui allait et venait dans sa bouche lui disait "tu n'es qu'une merde".

Quelques oiseaux s’envolèrent dans un bruissement de sous-bois. Le silence se fit.

Phil sentit le liquide chaud frapper le fond de sa gorge, par petits jets entrecoupés du râle saccadé d’insultes que l’homme lui offrait en guise de reconnaissance. Il faisait beau en ce mois de juin…

Phil ne travaillait pas. Il ne croyait pas à la valeur du travail ou du moins considérait-il que tout cela n’était pas pour lui. Il n’était pas inadapté, il avait même étudié quelques années la médecine en montrant des compétences et une érudition qui forçaient l’admiration de ses collègues étudiants et de ses professeurs. Mais sa grande intelligence et cette habitude qu’il avait de passer des heures à méditer sur sa place dans le monde l’avaient conduit à la conclusion que le travail n'était pas fait pour lui.

La médecine telle qu’on la pratiquait en Occident était pour lui la marque de la plus grande décadence : recevoir dans un cabinet des personnes n’ayant d’autre souci que leur solitude et leur prescrire excitants le matin et calmants le soir alors qu’à portée d’avion des enfants mouraient de paludisme et de malnutrition, c’était au-dessus de ses forces. Et tous les jours à Sainte Lucie, il pensait (ou se convainquait) que cela aurait été une torture pour lui que de contribuer aux fortunes qu’amassaient les grands laboratoires pharmaceutiques par ses prescriptions.

Fort de ce constat, il alimentait pourtant l'économie d'autres cartels bien plus néfastes et inondait les rues de doses qui décimaient ses amis. Il savait que s’il en demandait chaque jour pardon à Dieu, il ne méritait ni clémence ni miséricorde. Il était juste un homme qui pour fuir un système, en avait embrassé un autre bien pire.

C’était comme il l’imaginait, visqueux et un peu dégueu, mais l’homme avait eu l’air très satisfait avant de disparaître. Phil éprouvait un grand vide. En regagnant son scooter, le gout de l’interdit encore dans la bouche, il était en proie aux mêmes interrogations. Il n’avait pas éprouvé de désir pour cet homme. Il avait tout juste essayé, froidement, mécaniquement, presque à contre coeur, l’expérience d’un rapport sexuel avec un autre homme et il n’en était pas plus éclairé sur ses préférences sexuelles. Tout juste savait-il maintenant qu’il ne ressentait pas plus de désir pour les hommes qu’il n’en ressentait pour les femmes…

Sauf une… Isa.      (voir aussi "in-utero")

Il se mit à sangloter comme un enfant.

Phil avait rencontré Isa un an plus tôt alors qu’il priait à Sainte Lucie. Son regard avait été attiré par cette jeune femme qui s’était assise non loin de lui, pleurant à chaudes larmes.

Son visage lui était familier, il savait qui elle était.

Elle était obstétricienne et avait fait naitre des sextuplés dans des conditions impossibles quelques mois plus tôt. Dans son oisiveté, Phil lisait des magazines peoples qui avaient tous parlé de la jeune femme. Il lisait aussi des revues scientifiques et médicales dans lesquelles elle avait expliqué les différents gestes qu’elle avait dû accomplir ce soir-là.

Il s’était approché d’elle et lui avait seulement pris la main. Elle s’était laissé aller à pleurer de plus belle et ils étaient restés comme cela, sans rien dire, seuls au monde, pendant un long moment. La situation était incongrue et Isa invita le jeune homme à prendre un café, histoire, avait-elle dit, de ne pas avoir pleuré sur l’épaule d’un inconnu. Elle lui raconta qu’elle était maintenant en poste à Port Royal et qu’elle avait souvent des accouchements difficiles à gérer. Elle lui raconta ses angoisses, ses cauchemars où des enfants morts nés venaient lui reprocher de ne pas les avoir sauvés, elle lui raconta sa lutte contre Dieu lui-même à chaque accouchement difficile et combien elle redoutait d’avoir un jour à rendre compte devant le Créateur pour son ingérence. Elle voulut savoir qui il était. Peut-être pour la première fois, Phil avait dit la vérité.

Il vendait de la cocaïne, de préférence à une clientèle d’habitués et il en tirait un bénéfice suffisant pour ne pas avoir à travailler.

Il avait des problèmes avec les femmes, il ne les désirait pas. Il craignait d’être homosexuel mais n’avait jamais rien tenté avec un homme. Il croyait en Dieu mais Dieu croyait-il en lui ?

Phil offrit à Isa sa première dose de Cocaïne, non pour en faire une cliente, mais simplement pour qu’elle se sente mieux.

Ils se côtoyèrent pendant plusieurs mois, se voyant souvent à Sainte Lucie. Isa l’invita même plusieurs fois chez elle où il fit la connaissance de son mari, Mickael.

Pendant cette période, Isa pris l’habitude d’acheter régulièrement à Phil des doses, avec une régularité que le salaire de la jeune femme ne lui permit bientôt plus. Phil ne put lui faire bien longtemps crédit et la situation devint tendue entre eux.

C’est Isa qui un jour proposa à Phil de coucher avec lui pour lui payer sa dose, une seule fois. Isa était belle et malgré leur amitié, Phil éprouvait pour elle des sentiments confus. Il accepta.

Etait-ce leur complicité, était-ce parce que Phil n’attendait plus rien des femmes, ils mirent tous deux ce soir-là beaucoup de passion et de tendresse à coucher ensemble. Ce soir-là, Phil jouit plusieurs fois, tremblant, riant, pleurant. Il perdit avec Isa sa virginité.

Après son escapade à Vincennes, Phil avait repris son gros scooter noir mat. Il avait reçu un SMS d’une de ses clientes, une prostituée en camionnette sur les boulevards extérieurs, à qui il devait livrer une dose. Comme pour contre balancer le gout de cet homme resté dans sa bouche, il se prit, sur sa machine, à sur-jouer le macho, slalomant entre les voitures, lançant des regards appuyés aux conductrices qui découvraient leurs jambes en ce mois de juin.

Il arriva à la hauteur de la camionnette garée où sa cliente exerçait. Elle s’offrait une dose de cocaïne les jours comme aujourd’hui où le soleil échauffait le désir des hommes et où elle enchainait les clients.

La porte s’ouvrit et Phil ressentit un profond abattement. Tout aujourd'hui vacillait dans son monde, tout prenait un tour inattendu... De la camionnette venait de descendre Mickael, qui repartait sur le trottoir en prenant un air détaché. La prostituée apparut dans l’encadrement de la porte, reconnut Phil, et lui dit en pointant Mickael du doigt : « C’est la première fois que ça m’arrive, il pleurait pendant que je « m’occupais » de lui !!! »

Il était tard et c’était décidément une drôle de journée. Phil avait rejoint le 20ème où certains clients avaient leurs habitudes. Il s’apprêtait à repartir lorsqu’il vit arriver un 4x4 qu’il connaissait bien.

Il s’approcha, Isa était au volant, vêtue d’une jupe courte et d’un chemisier qui la rendait terriblement sexy.

- Comme d’habitude Isa ?

- J’ai pas de quoi te payer tout de suite, Phil

- Isa, tu me mets dans la merde, je fais comment vis à vis de mes autres clients ? C’est pas pour tes beaux yeux que je peux te faire crédit même si tu me rends des services !


Phil stoppa son monologue quand il vit les yeux gonflés de la jeune femme. Elle était réglo, il le savait, on n’allait pas y passer la nuit.


Il lui tendit un petit sachet en plastique transparent dans lequel une poudre jouait avec les reflets de la lueur des phares en un nuage bleuté.

Phil regarda le 4x4 s’éloigner. Il aurait voulu lui dire que maintenant il savait : après son escapade du matin-même à Vincennes, il s’était rendu compte que c’est avec elle qu’il s’était enfin senti bien, qu’il avait des sentiments pour elle. Il aurait aussi voulu lui dire que son mari fréquentait une prostituée, que peut-être il ne la méritait pas.

Il enfourcha son scooter et resta longtemps immobile dans sa torpeur, puis se décida à rentrer chez lui en passant par les ruelles pour éviter de rencontrer quelque barrage policier. Il roulait depuis quelques minutes quand il vit, garé sur le côté, le 4x4 d’Isa.

La vie lui envoyait un message : plus question d’hésiter ! Il s’arrêta à la hauteur du 4x4 et alla chercher au plus profond de lui tout le courage qu’il lui fallait pour avouer ses sentiments à la jeune femme.

Isa était au volant de sa voiture, belle mais inconsciente. Elle saignait abondamment du nez. Elle était en pleine overdose, ayant surement un peu trop chargé la dose de son fix. Il sauta de son scooter sans prendre le temps de déployer la béquille et celui-ci s’affala à terre bruyamment. Phil contourna la voiture pour y entrer côté passager.

Il était en panique. Il avait toujours redouté d’assister à l’overdose d’un de ses clients. Il en avait même parlé à Isa qui, pour le rassurer, lui avait procuré une seringue d’Atropine, un produit qui, en intraveineuse, pouvait relancer le cœur dans pareil cas.

Phil, depuis ce jour, ne quittait jamais cette seringue, elle était toujours dans son sac à dos. Il la sortit, la prépara à toute vitesse et piqua dans le bras d’Isa. Mais l’ancien étudiant en médecine rata la veine, ce qui provoqua une douleur intense à Isa qui pour autant ne revint pas de son coma.

Son choix de ne pas travailler, de ne pas acquérir l’expérience nécessaire d’un geste aussi simple qu’une injection lui avait fait manquer la seule chance qu’il avait de réanimer la jeune femme. Il appela les pompiers, embrassa Isa sur la bouche, comme cette nuit où ils avaient été amants. Il s’éclipsa sur son scooter quand les sirènes pénétraient dans la ruelle.

Là, le moteur de son puissant Yamaha ne couvrit pas le bruit de ses larmes.

Là, dans cette ruelle, il venait de tuer la seule femme qu’il avait aimée.
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bruno
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MessageSujet: Re: Ab imo pectore (du fond du coeur)   Sam 15 Nov - 13:38

Après "in utero", Debby avait commenté "dur, dur ce texte", mais je crois que ce deuxième volet est encore plus dur ! C'est bien de les avoir arrangés (même si ce n'était pas prévu au départ) dans cet ordre, pour la progression.


Une petite remarque de forme ici :

Citation :
Tout chez lui le dégoutait. Son physique maigre d'adolescent attardé, son visage aux traits grossiers. Jusqu'à son gout pour les vêtements un peu criards. Si jusque-là il avait su vivre prisonnier de ce corps sans attrait, la brusque image dans ses rêves de ces sexes le pénétrant, de son corps sans âme, souillé, offert à toutes les fantaisies, provoquait chez lui des hauts le cœur.

Il paraît incongru de songer à son identité sexuelle dans une église, un matin de juin. Mais cette église était sa seule racine, sa seule famille depuis la disparition tragique de ses parents. Il savait depuis longtemps que seule comptait la pureté des sentiments aux yeux de Dieu et qu’être homosexuel ne serait pas un problème. Il savait aussi que les serviteurs de ce même Dieu pouvaient montrer une étroitesse d’esprit qui aurait tôt fait de couper son dernier lieu d’accueil dans cette vie.

L'ensemble du texte est en voix subjective, mais l'arrivée du présent dans "il paraît incongru" sonne comme l'irruption d'une deuxième voix off qui fait décrocher de notre "captivation" par l'histoire. Pour rester avec une seule voix subjective, on pourrait écrire par exemple :

C'était incongru de songer à son identité sexuelle dans une église, un matin de juin. Mais cette église demeurait sa seule racine...

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Dysj
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MessageSujet: Re: Ab imo pectore (du fond du coeur)   Sam 15 Nov - 19:43

Merci beaucoup pour ce conseil sur la forme Bruno, tu as tout à fait raison bravo !!!

A ton avis faut-il que je modifie le texte sur forum avec ta proposition?

Effectivement ces textes explorent l’âme noire de mes personnages pale
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bruno
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MessageSujet: Re: Ab imo pectore (du fond du coeur)   Sam 15 Nov - 20:41

Citation :
A ton avis faut-il que je modifie le texte sur forum avec ta proposition?

Voilà, j'ai fait la modification dans le texte initial, libre à toi de la conserver ou non...

J'ai introduit  le verbe demeurer pour éviter la répétition du verbe être à la suite.

Par contre, j'avais bien choisi le verbe être en début de phrase, puisque il constitue une sorte d'anaphore discrète en début de paragraphes :

- c'est ce rituel...
- c'était incongru...
- c'était ce qu'il avait imaginé...
- c'était comme il l'imaginait...

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