Sous la Plume

Expériences d'écriture d'émotions et de pensées
 
PortailPortail  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les profondeurs

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
viviane
plume de Colibri
avatar

Féminin Nombre de messages : 26
Age : 25
Localisation : Montréal
Date d'inscription : 25/01/2008

MessageSujet: Les profondeurs   Jeu 19 Déc - 21:22

Les profondeurs



Je me souviens encore de tes yeux hésitants, cherchant refuge dans un archipel dont je ne connaissais pas encore le nom. Je me rappelle aussi les avoir vus comme des hameçons tentant d’attraper désespérément l’abîme. C’était l’époque où tu ne savais pas encore qu’on ne peut pas s’attacher les abysses. Tes mains frénétiques, je m’en souviens, tes joues rouges et explosives, je m’en souviens, tes cheveux suspendus aussi, je m’en souviens, mais c’est tes pupilles hameçonneuses (oh comme je me souviens) qui m’ont trainée, drainée vers toi. Dès le premier soir, j’ai eu horriblement peur de toi. J’avais ce sentiment d’être ce poisson qui se rapproche d’une lumière hypnotique et aveuglante, m’approchant ainsi d’un peu trop près d’une mâchoire meurtrière. Cette lumière, je l’ai longuement suivie, la cherchant parfois dans l’ombre, car nombreuses sont ces fois où elle disparaissait soudainement, comme le fait si souvent la lumière fugace. J’ai longtemps eu peur de toi, mon amour, de ce que j’aurais pu voir s’il fallut que je m’approche trop près de ta lumière ; peut-être n’aurais-je pas reconnu ce visage qui était mien. Puis, vint ce jour où je compris. Je n’avais plus peur ; Tu es de ces hommes, si rares, qui nous frappent de leur lumière et qui se nourrissent de nos ombres; de ceux qui oublient parfois de monter à la surface et qui choisissent les profondeurs; tu es la lumière dans les eaux troubles.    


Il n’est plus rare aujourd’hui que ton nom me fouette en plein dos comme une vague en pleine rafale. Il me ramène à un passé dont j’oublie le courant tempétueux.  Tes rives, elles, coulent sur mes hanches et tanguent mon corps au rythme de ton effluve. Je m’endors parfois, sans que tu le saches, sur ta poitrine, comme le ferait un naufragé sur une barque; une main effleurant l’eau salée et un pied réchauffé par un soleil du midi. J’aime cet océan qui surgit et qui explose entre nos deux flancs.


J’aimerais que l’on puisse cesser d’avoir peur du silence. Il faudrait qu’on l’apprivoise et qu’on aime ce mutisme. Nous avons souvent peur du silence, car nous ne savons plus être seuls. Tu es le seul que je connaisse qui incarne cette accalmie. Ton amour est pour moi, la plus belle trêve et la plus belle rémission qui soit. Tu vis si bien le silence, comme si tu traînais avec toi l’harmonie des sons. Moi, je ne sais pas faire cela ; j’ai bien que trop peur de cette solitude tranchante, bien trop peur de finir avec moi-même. Je comble le vide avec mes mots pour créer cette illusion que j’arrive rarement à maintenir. Mais toi. Ma quiétude après le cyclone. Mon refuge après le terrassement. Ton silence m’enveloppe, me berce, m’hameçonne et je me tais. Tu soupires parfois dans mon oreille, dans mon cou et je me cramponne à ce filet que tu es. Tu es l’amour que je n’ai jamais connu, celui qui apprend à aimer, dans toutes les délicatesses qu’exige le monde des sentiments. Je t’aime de m’apprendre à m’aimer dans la noirceur, puis dans la lumière. Dans la trépidation et dans le silence. Dans la foulée, et surtout, lorsque je suis seule.
Revenir en haut Aller en bas
 
Les profondeurs
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sous la Plume :: ECRITURE :: AUTRES TEXTES (COURTS) :: MONOGRAPHES, MINI TEXTES POETIQUES, LYRIQUES-
Sauter vers: