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 le cahier rouge du Père Joseph - I (roman)

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r.n.rodrigues
plume de Colibri


Nombre de messages : 9
Date d'inscription : 29/12/2010

MessageSujet: le cahier rouge du Père Joseph - I (roman)   Sam 12 Fév - 1:23

Ma vie a été toujours difficile et compliquée. Je n’ai pas connu mes parents, j'ai été élevé par une dame que j'appelais : Tante Marta. Elle me disait, être la soeur de ma mére, qui est morte dans un accident de voiture , alors que je n’avais que cinq ans . Je me souviens . Nous habitions dans un faubourg dit MOJO ,qui était loin du centre de la ville, dans une cabane faite de paille, et terre battue, que mes parents avaient construit au bord d’un champ de marais, à côté duquel serpentait un fleuve d’eau salée . Nous n'avions pas de voisins. Nous étions très pauvres. Pour survivre, ma tante, fabriquait du charbon de bois, que nous coupions dans lesmarais, et j'allais le vendre au marché du quartier, qui était à deux heures de marche.
Tante Marta ,était veuve ,son mari était mort foudroyé par le tonnerre, un jour de pluie, alors qu’il se trouvait sur le bord du fleuve en train de pêcher . Je ne l'ai jamais connu - Ma Tante me racontait avec des yeux en larmes , qu’elle n’avait pas pu avoir de lui un fils. Elle était très laide, grosse, toujours triste , avec un foulard enroulé autour du cou, noirci par la suie de charbon, ses cheveux blancs étaient toujours couverts, et tenait entre les quelques dents jaunâtres qui lui restaient , une pipe d’argile. Elle était si fragile , qu’elle s’essoufflait au moindre effort. La sueur puante, qui ruisselait sur son front , s’égouttait parfois dans son plat de nourriture . Pour couper sa soif, elle prenait une gorgée d’eau vive .
J'étais petit, et déjà , je travaillais comme un adulte. Je dormais très mal, et le lendemain, je me réveillais à l’aube, pour me rendre au brasier , qui brûlait ,et ce , pour retirer le charbon. A cinq heures du matin ,je doevais commencer à récupérer le charbon, sous une chaleur torride ,et suffocante. Un travail dangereux .,Je me servais d’une pelle, avec laquelle, je séparais le charbon,de la terre , Malgré mes précautions, je me brûlais souvent. Après ,je retournais à notre humble, et sale cabane, pour prendre un café ,avec du pain dur, et sec que je ramassais des poubelles . Ma Tante toujours triste , mettait la vieille théière, sur la rustique table de bois noircie de graisse, et marmotait avec la pipe, qu’elle tenait dans sa bouche. Alors elle me criait:
- Joseph, vas vendre le charbon, et après, tu iras en ville fouiller dans les poubelles, dans l’espoir de trouver quelques légumes.- Oui, ma tante - répondais-je ,avec la bouche pleine de pain dur.
- Euh! Tu n'oublies pas d'acheter des os, un litre d'eau-de-vie, une bôite d’allumettes, mon tabac, un peu de beurre ,et une aiguille pour te raccommoder tes vêtements , qui sont tous déchirés - Entendu? Demandait-elle avec la grande cuiller de bois dans la main, et un regard furieux. Je ne pourrais rien oublier , parce que, je retournerai de nouveau en ville.
Je finissais vite, et je courais pour charger la brouette de charbon dans le sac ,et prenais la route vers le marché de la ville pour écouler ma petite marchandise
Je rentrais en milieu d'après-midi, très fatigué, tirant la brouette chargée de nourriture trouvé dans les poubelles de la foire et des courses demandées. Elle m'attendait assise sur le banc de bois devant la porte, en terrasse à l'ombre d'un manguier touffu, fumant sa pipe devant un verre d'eau-de-vie. Je m'arrêtais devant d'elle et tirais les objets que je séparais pour les apporter dans da cabane. Les mouches volaient autour d’elle et l'odeur de pourri était horrible. Cette tâche terminée, je lui donnais le reste de l'argent qu’elle garda dans son soutien-gorge. Après j'allais jeter le maïs pour les poulets qui criaient dans le fond de la cour. Alors, déjà un peu saoule et toujours en marmottant elle se leva et rentra dans la cabane pour préparer notre soupe dans le chaudron de fers fondu sale et noir de fumée, elle le mettait sur trois grandes pierres dans le coin et la bûche brûlait. On allait manger vers les quatre heures de l'après-midi l'unique plat du jour et toujours soupe avec gros bouillon. Après, ensemble, nous allions couper par les marais pour atteindre le bord du fleuve et faire une autre fournée de charbon. Après ce travail, nous rentrions à la cabane et j'allais me laver dans un puits au milieu du champ sombre. Les chants des crapauds et des grillons résonnaient déjà dans la nuit. J’avais très peur des serpents que j’espérais effrayer (ainsi que les moustiques) avec la veilleuse à kérosène. Ma tante assise sur le banc fumait et en buvait, le brasier allumé illuminait le terrasse:
- Joseph, vient ici que je t’épouille - Hurlait-elle avec sa voix pâteuse d’ivrogne.
J'allais m'asseoir entre ses jambes sales et je sommeillais un peu jusqu'a ce que nous rentrions pour dormir dans nos matelas improvisés de paille sur la terre. Elle effaçait la veilleuse et la cabane restait sombre.

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Je suis très fatigué, je vais dormir et je continuerai la prochaine fois ! dodo
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